Plaidoyer pour la participation sociale de la personne handicapée
 Bujumbura, Bujumbura Mairie, Burundi

 

LE CONTEXTE DE VOTRE ACTION

Depuis 2007, la communauté internationale, y compris les Nations Unies, avait compris qu’il était nécessaire d’adopter une convention internationale relative aux droits des personnes handicapées afin de faciliter la jouissance de leurs droits, sur la base de l’égalité avec les autres personnes, dans tous les domaines de la vie.

Alors que depuis 2006 cette convention est entrée en vigueur au niveau international, le Burundi est resté en arrière jusqu’à aujourd’hui, restant le seul pays de la communauté est africaine sans texte d’application de cette convention. C’est pourquoi l’AIPH, en partenariat avec les autres organisations de personnes handicapées du Burundi, considère qu’il est judicieux de mener un plaidoyer fort afin d’amener le gouvernement du Burundi à adopter des dispositions mettant en application cette convention des Nations Unies.

Les raisons de la nécessité du plaidoyer : le contenu de la convention reste ignoré, et par les bénéficiaires directs (les personnes handicapées) et par les obligataires de sa mise en œuvre. En effet, les autorités ignorent par où commencer pour la mise en application de la convention. D’autre part, l’Etat a peur de s’engager car cela le conduirait à débourser un budget conséquent. C’est cependant une peur non fondée car c’est là où il aurait joué son rôle.

LES ACTIVITÉS MENÉES DANS LE CADRE DE VOTRE ACTION

- Depuis 2014, chaque année, avec le financement de Handicap International Burundi, l’AIPH organise des ateliers dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la personne handicapée, suivant le thème du jour :

 en 2014, l’AIPH a sensibilisé les élus locaux des communes nord de la mairie de Bujumbura (6 communes en tout) afin de faciliter la participation de la personne handicapée dans les plans communaux de développement communautaire ;
 en 2015, il a centré ses priorités sur la sensibilisation des Comités Communaux de Développement Familial et Communautaire des communes de la mairie de Bujumbura, pour rappeler que dans leurs activités ils doivent s’assurer de l’inclusion de la personne handicapée jusque-là oubliée par ces services, au moment où elles ont des difficultés spécifiques ;
 en 2016, il a participé à un atelier avec les responsables des écoles fondamentales* de la mairie de Bujumbura. L’objectif était d’échanger sur les dispositions à prendre et/ou des aménagements raisonnables à mener pour pouvoir limiter les abandons des enfants handicapés fréquentant l’école.

(*) Selon le nouveau système, l'école fondamentale est le minimum de formation qui est censé donner à l'enfant une notion générale de base susceptible de lui permettre de se débrouiller dans la vie, un niveau que chaque enfant fréquentant l'école devrait atteindre, donc la classe de neuvième au Burundi.

- En voulant plaider par l’exemple, deux rampes d’accès ont été construites dans les chefs-lieux des communes de Gihosha et Kamenge. L’accès physique des personnes handicapées aux infrastructures abritant des services recherchés par tous, reste problématique dans la participation sociale de la personne handicapée au Burundi. Construire des rampes d’accès consiste à démontrer au gouvernement burundais que ce n’est pas aussi coûteux que ça en a l’air, mais qu’il suffit simplement d’y mettre de la volonté.

- En 2014, en partenariat avec les deux organisations les plus représentatives du pays, la FAPHB et l’UPHB (Union des Personnes Handicapées du Burundi) et avec le financement de l’Union Européenne, un atelier de sensibilisation a été organisé pour les chefs des partis politiques, avec l’objectif d’intégrer les personnes handicapées qui sont membres de leurs partis politiques dans leurs projets de société.

- En 2015, deux ateliers ont été organisés avec le financement de Handicap International :

 le 1er en partenariat avec l’Association des Femmes Handicapées, un atelier de sensibilisation des hauts cadres des différents ministères, pour débattre sur l’emploi de la femme handicapée au Burundi. En effet, selon l’étude de Handicap International, seul 1% des femmes ont accès à l’emploi au Burundi ;
 le 2e en partenariat avec la Fédération des Associations de Personnes Handicapées du Burundi, célébration de la Canne blanche et de la Journée internationale des Sourds.

QUI S'IMPLIQUE DANS VOTRE GROUPE ?

- Le conseil d’administration et le comité de surveillance (6 personnes) s’occupent au quotidien du suivi et de l’exécution des activités de plaidoyer.

- Les membres de la commission des affaires juridiques et des relations publiques de l’AIPH.

AVEC QUELS PARTENAIRES PORTEZ-VOUS CETTE ACTION ?

- Handicap International.
- Le Projet OSCAR (Organisations de la Société Civile Appuyées et Renforcées) mis en place par l’Union Européenne pour appuyer les organisations de la société civile burundaise.
- La Fédération des Associations de Personnes Handicapées du Burundi (FAPHB).
- Les autres organisations de personnes handicapées.

Au départ, le travail de l’AIPH en matière de plaidoyer consistait à briser l’inaccessibilité psychologique de la personne handicapée elle-même, ce qui explique qu’au départ le plaidoyer consistait à la sensibiliser sur ses droits.

Eugène, le formateur d’Emmaüs International, présente les modalités pour inclure le handicap dans les Plans Communaux de Développement Communautaire (PCDC).

Par la suite, il fallait assurer la visibilité de la personne handicapée : quand elle se mettait à travailler au même titre que tout autre citoyen, cela contribuait à briser une pratique courante chez les parents d’enfants handicapés qui consiste à les cacher dans l’arrière cours, la naissance d’un enfant handicapé étant considérée comme une malédiction divine.

A la veille de la Journée internationale de la Femme, le Président de l’AIPH expose sur la convention des Nations Unies relative aux Droits de la Personne Handicapée.

A partir de 2007, avec la naissance du Réseau des Associations de Personnes Handicapées du Burundi, dont l’AIPH assure la présidence jusqu’à aujourd’hui, le plaidoyer au niveau national s’est manifesté comme une nécessité pour pouvoir insérer socio économiquement les personnes handicapées.

Et l’adoption de la Convention des Nations Unies, est une raison/un outil pour pouvoir affronter le gouvernement Burundais qui depuis longtemps refuse de prendre en compte la thématique du handicap dans ses textes légaux, ses programmes et ses politiques. Remarquons que jusqu’ici ce gouvernement n’a pas encore accepté de prendre des dispositions pour mettre en application cette convention qu’il a cependant déjà ratifiée.

Ainsi, le plaidoyer se fait à tous les niveaux : local et national. Au niveau local, l’AIPH s’investit dans la lutte pour l’implication des personnes handicapées dans les politiques et programmes locaux, d’où l’organisation des ateliers au niveau local

Lors de la Journée internationale de la Femme, les femmes handicapées jouent un théâtre interactif sur le thème « Accès de la femme à l’emploi», avec le financement de Handicap International.

Au niveau national, l’AIPH lutte avec ses pairs pour le changement et/ou la mise en place des textes légaux, des programmes et des politiques qui prennent en compte la thématique du handicap.

Lors d’un atelier de sensibilisation des élus locaux, le président de l’AIPH profite de l’occasion pour présenter à l’administrateur de la commune de Gihosha une rampe d’accès construite par l’organisation dans le chef-lieu de cette commune.

Rampe d’accès avec une main courante aménagée dans le chef-lieu de la commune de Gihosha.

Une des écoles de la mairie de Bujumbura ayant accepté d’accueillir les enfants handicapés, appliquant donc l’éducation inclusive.

PERSPECTIVES FUTURES

- Lutter pour la mise en place du Conseil National des Personnes Handicapées afin de pouvoir harmoniser la voie du plaidoyer et éviter de disperser les efforts ;
- En créant des groupements pré-coopératifs, nous allons élargir l’appui aux activités de plaidoyer locales, suivant les circonscriptions d’origine des membres des groupements créés, afin d’élargir la participation des personnes handicapées dans l’orientation des programmes de développement de leur ressort ;
- Nous avons au programme d’initier des activités physiques adaptées afin de permettre une participation sociale de la personne handicapée la plus large possible. Pour cela des infrastructures adaptées restent un défi.

PARTAGEZ LES AVANCÉES ET LES SUCCÈS OBTENUS VIA VOTRE ACTION

- Un projet de texte de loi portant cadre organique des droits de la personne handicapée arrive aujourd’hui au niveau du secrétariat du gouvernement, malgré qu’il stagne à ce niveau.

- Depuis 2009, le gouvernement a accepté d’augmenter un budget dans le domaine du handicap. Par exemple, les centres de personnes handicapées reçoivent chaque année une subvention afin de pouvoir nourrir les enfants du centre, même si c’est insuffisant.

- Au niveau local, dans 4 communes, les personnes handicapées siègent dans les réunions des plans communaux de développement communautaire.

- Au niveau des écoles fondamentales, les enseignants sont informés des aménagements raisonnables qui permettent aux enfants fréquentant l’école de participer comme les autres. Cela contribue à réduire le nombre d’enfants handicapés qui abandonnent l’école. En 2016, selon Handicap international, les abandons ont été réduits de moitié.

VOUS SOUHAITEZ AJOUTER UNE INFORMATION COMPLÉMENTAIRE SUR VOTRE ACTION ?

L’AIPH se bat pour une égalité des chances en faveur de la personne handicapée, par le plaidoyer, la sensibilisation et l’insertion socioéconomique. Ce plaidoyer a pour but d’orienter les décisions en faveur de la personne handicapée, mais aussi pour l’autonomisation financière de la personne handicapée qui n’a pas accès au crédit offert par les banques institutionnalisées. A long terme l’organisation, via les groupements pré coopératifs qu’elle est en train de promouvoir, va conduire à la mise en place d’une microfinance pour accorder des crédits aux personnes handicapées et à d’autres personnes à revenus modestes.

Les médias (Radio Maria Burundi et Radio Isanganiro) commencent à solliciter des personnes handicapées pour aller animer des émissions sur cette nouvelle thématique du handicap.

En 2016, une cellule de l’éducation inclusive a été créée au sein du Ministère ayant l’éducation dans ses attributions (même si elle est à peine fonctionnelle).

Les tapages médiatiques dans les radios susmentionnées ont amené UKAID (United Kingdom Department for International Development) et FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) à comprendre que les personnes handicapées ont été oubliées dans leurs programmes. Ils viennent de les régulariser comme une catégorie de la société oubliée en matière de santé reproductive.

QUELS BESOINS AVEZ-VOUS IDENTIFIES POUR AMPLIFIER OU PERENNISER VOTRE ACTION ?

 Organiser des ateliers pour faire aboutir le texte de loi portant cadre organique, car elle stagne au niveau du secrétariat du gouvernement, au moment où Handicap international affirme qu’en 2017 il ne dispose pas de fonds alloués aux activités des associations de personnes handicapées (l’appui aux associations s’est arrêté en 2016).

 Construire 8 rampes d’accès auprès de 17 écoles qui n’en disposent pas et aménager 48 toilettes à siège afin d’augmenter le nombre des établissements en mesure d’accueillir les élèves avec handicap. Car en effet, l’accessibilité physique est l’un des freins à l’éducation de l’enfant handicapé.

 Avoir deux terrains de handisport pour les activités sportives adaptées.

A propos de cette action

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Les actions de ce groupe

Porteur de l'action

NDEREYIMANA Rémy


Localisation

Bujumbura, Bujumbura Mairie, Burundi

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